Hard forks : comment déclarer les nouveaux tokens reçus
Les hard forks — divisions d'une blockchain qui génèrent une nouvelle chaîne et de nouveaux tokens — ont été l'un des événements les plus fréquents de l'histoire crypto. Bitcoin Cash en 2017, Bitcoin Gold, Ethereum Classic… Comment sont-ils traités par l'administration fiscale ?
Qu'est-ce qu'un hard fork ?
Un hard fork se produit lorsque la communauté d'une crypto-monnaie se divise et crée deux chaînes incompatibles. Les détenteurs de la monnaie originale reçoivent, dans la même proportion, des tokens sur la nouvelle chaîne.
Exemple : Si vous aviez 1 BTC lors du fork de Bitcoin Cash en août 2017, vous avez également reçu 1 BCH.
Traitement fiscal en Espagne
La DGT n'a pas émis de consultation contraignante spécifique sur les hard forks, mais en appliquant les principes généraux :
Au moment du fork
Les tokens reçus lors d'un hard fork sont assimilés à un airdrop gratuit : il s'agit d'un gain patrimonial ne provenant pas d'une transmission, intégré à la base générale de l'IRPF (taux marginal).
Le problème : Au moment exact du fork, de nombreux tokens n'ont pas de prix de marché établi. La position conservatrice la plus répandue est :
- Valeur = 0 € s'il n'y a pas de marché liquide au moment du fork.
- Coût d'acquisition = 0 €.
- Lors de la vente → l'intégralité du prix de vente est un gain patrimonial.
S'il existe un prix de marché dès le premier instant (cotation sur les exchanges dès le jour 1), ce prix est utilisé.
Lors de la vente des tokens forkés
Quel que soit le coût d'acquisition attribué lors du fork, la vente ultérieure génère un gain ou une perte patrimoniale dans la base de l'épargne, calculé comme suit :
Gain = Prix de vente − Coût d'acquisition attribué lors du fork
Le token original ne change pas de coût
Le hard fork ne modifie pas le coût d'acquisition des monnaies originales. Si vous aviez 1 BTC à 8 000 € et que vous recevez 1 BCH, le coût de votre BTC reste de 8 000 €. Le BCH a son propre coût (0 € ou prix de marché lors du fork).
Soft forks
Les soft forks qui ne génèrent pas de nouveaux tokens (mettent seulement à jour le protocole) n'ont pas d'implications fiscales pour l'utilisateur.
Exemples historiques pertinents
| Fork | Année | Nouvelle monnaie |
|---|---|---|
| Bitcoin Cash | 2017 | BCH |
| Bitcoin Gold | 2017 | BTG |
| Ethereum Classic | 2016 | ETC |
| Bitcoin SV | 2018 | BSV |
Conclusion
Les hard forks génèrent des tokens qui doivent être déclarés l'année du fork. S'il n'y avait pas de marché liquide, on peut attribuer un coût de 0 et déclarer la totalité du gain lors de la vente. Documenter la date et les circonstances du fork est essentiel pour justifier le coût d'acquisition auprès de l'AEAT.


