#Monero et crypto-monnaies de confidentialité : implications fiscales
Monero (XMR), Zcash (ZEC), Dash et autres crypto-monnaies de confidentialité sont totalement légales en Espagne. Cependant, elles posent des défis spécifiques tant au contribuable qu’au Trésor.
Qu'est-ce qui différencie Monero ?
Monero utilise trois technologies de confidentialité :
- Ring Signatures : mélangez votre transaction avec d'autres, en masquant l'origine.
- RingCT : Masque le montant de chaque transaction.
- Adresses furtives : génère des adresses uniques par transaction, rendant impossible la liaison des transactions à un détenteur sans la clé privée.
Le résultat : les transactions Monero sont effectivement introuvables sans clés d'utilisateur.
Sont-ils illégaux en Espagne ?
Non. En Espagne, la possession ou l'utilisation de Monero n'est pas interdite. Cependant :
- Plusieurs bourses (Kraken, Binance) ont radié XMR en Europe suite à des pressions réglementaires.
- Les bourses qui opèrent en Espagne sont tenues de se déclarer à l'AEAT.
- Utiliser Monero pour échapper aux impôts serait un délit fiscal (comme pour tout actif).
Votre obligation fiscale avec Monero : exactement la même qu'avec BTC
Le fait que les transactions soient privées ne les dispense pas de l'obligation de les déclarer. Le contribuable a la foi en ses propres transactions (c'est lui qui a les clés).
- Achat de XMR avec des euros : date de dépréciation, prix et coût (commission incluse).
- Vente de XMR en euros : différence vs coût FIFO = plus/perte en capital.
- Swap XMR ↔ BTC ou autre crypto : transmission. Bénéfice/perte sur XMR.
Le vrai risque : la charge de la preuve est inversée
Si le Trésor détecte des entrées d’argent injustifiées et que vous ne parvenez pas à les expliquer :
- Il est présumé qu'il s'agit de revenus cachés → plus-value injustifiée au taux marginal de l'impôt sur le revenu des personnes physiques (jusqu'à 47%) avec malus supplémentaire.
- Utiliser Monero ne vous protège pas si l'argent finit par arriver sur votre compte bancaire espagnol en euros.
La chaîne de tests :
Banque espagnole → Acheter XMR avec des euros (enregistrable en banque/échange)
→ Opérations XMR (il y a de l'opacité ici)
→ Vente de XMR en euros → Banque espagnole (enregistrable)
Les extrémités sont traçables. Le Trésor peut détecter les entrées d'euros sans justification d'origine.
##Zcash : confidentialité facultative
Zcash propose deux types de transactions :
- Transparent (adresses T) : identique à Bitcoin, entièrement auditable.
- Blindé (adresses Z) : Privé, opacité similaire à Monero.
De nombreux échanges n'acceptent le ZEC que sur des adresses transparentes, limitant ainsi la confidentialité.
##Dash : Envoi Privé
Dash dispose de PrivateSend, une fonctionnalité facultative de mélange de pièces. Son utilisation n’est pas obligatoire et la plupart des transactions Dash sont transparentes.
Recommandations pour les utilisateurs de pièces de confidentialité
- Conservez votre propre dossier détaillé : Même si la blockchain ne le montre pas, vous le connaissez et pouvez le documenter.
- Enregistrez des captures d'écran des opérations sur les échanges, les confirmations de transactions, etc.
- N'utilisez pas de pièces de confidentialité pour cacher vos revenus : le risque juridique (délit fiscal) l'emporte sur tout avantage apparent.
- Consulter un conseiller : Le cadre réglementaire de Monero est plus incertain que celui de BTC.
Modèle 720/721 et Monero
Les mêmes obligations de déclaration s'appliquent. Si vous disposez de >50 000€ en XMR en bourse ou en auto-dépositaire, vous devez le déclarer. Le problème est que si la bourse ne fonctionne plus en Espagne → auto-garde → 721 est toujours obligatoire.
Mise à jour : avril 2026 | Année fiscale : 2025


